Pourquoi la Chine n’a pas encore tué le Bitcoin malgré son interdiction

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09 Feb 2018, 09:09

La Chine est-elle en train de tuer le Bitcoin ? Pas si sûr. Il y a moins d’un an, le pays de Xi Jinping semblait dominer ce que certains appellent une nouvelle révolution à l’échelle d’Internet, et d’autres une bulle spéculative non régulée et dangereuse pour les investisseurs. En septembre 2017, la banque centrale annonce l’interdiction dans le pays des échanges de monnaies virtuelles ainsi que des ICO (Initial Coin Offering), ces levées de fonds via l’émission d’actifs numériques échangeables contre des cryptomonnaies durant la phase de démarrage d’un projet. Malgré la chute initiale des prix d’un grand nombre de ces cryptomonnaies, le prix du Bitcoin continue de d’augmenter et le volume en transactions de croître. Affranchies des régulations nationales et par nature décentralisées et globalisées, les monnaies virtuelles ont vu leur cours se corriger et continuer son envolée malgré l’intervention du gouvernement chinois. Mais si cette mesure ne semble pas avoir eu d’effet dévastateur sur les prix, elle affirme néanmoins une position du gouvernement de Pékin et révèle comment la Chine pourrait rester dominante sur le long terme.

Le Bitcoin est né au lendemain de la crise financière de 2008. Uniquement générées par un réseau décentralisé d’ordinateurs et disponible à l’échange sur des plateformes virtuelles, les transactions sont transparentes et anonymes. Le système repose sur un principe de cryptographie permettant à toute transaction d’être enregistrée et vérifiée par ce réseau. Preuve d’échange entre deux parties virtuelles sans l’intervention d’un intermédiaire, un réseau peut ainsi théoriquement s’autoréguler et émettre de la monnaie sans banque centrale ou intermédiaire financier. Désigné comme monnaie, le Bitcoin, est principalement utilisé comme un outil de spéculation et d’investissement plutôt qu’un instrument d’échange. En 2017, poussé par l’intérêt grandissant d’institutions financières, de fonds spéculatifs et du grand public, le prix du Bitcoin est passé de 830 dollars à 19 300 dollars entre janvier et décembre.

Avant l’interdiction des échanges et des ICO, 90 % des transactions étaient réalisées sur des plateformes chinoises. Cependant l’interdiction ne concerne pas ce qui en réalité constitue le moteur de la production de monnaie. Avant d’être échangées, les monnaies doivent être « minées ». Le « minage » désigne la production de monnaie par des ordinateurs capables de résoudre les équations de cryptographie qui sont la base du réseau de chaque monnaie. La résolution de ces équations constitue la trace virtuelle des transactions et forme alors un « block », qui est rattachée ensuite à une chaîne de plusieurs blocs appelée « blockchain ». Celle-ci est automatiquement mise à jour à chaque transaction vérifiée. Tout ordinateur appartenant au réseau garde une trace des transactions en cours ou effectuées grâce à la blockchain. La blockchain désigne ainsi le système virtuel et décentralisé sur lequel repose les principes de transparence et d’anonymat des cryptomonnaies.

Selon Bitmain, 70 % de la production des bitcoins est réalisée en Chine. Une poignée d’entreprise monopolise la production du Bitcoin et profite de plusieurs atouts propres aux pays : l’accès à une électricité peu coûteuse et une expertise dans la production de composants électroniques et de processeurs. Ces derniers sont nécessaires au minage et des entreprises comme Bitmain innovent pour commercialiser des ordinateurs optimisés et dédiés à ce type d’opération. L’entreprise affirme que les échanges de monnaies sur sa plateforme ne constituaient que 5 % de ses revenus annuels.

Il semblerait donc que le gouvernement tente de mettre fin à la spéculation qui entoure le Bitcoin tout en laissant sa production et l’infrastructure nécessaire à celle-ci prospérer. La banque centrale fait notamment déjà usage de la blockchain. La recherche autour des cryptomonnaies et la blockchain est par ailleurs soutenue par le gouvernement. Mais d’après les principaux acteurs du secteur en Chine, interdire les échanges empêche plutôt la recherche de se développer.

Le minage pourrait être lui aussi mis en cause. La domination de la Chine dans ce domaine s’explique également par l’infrastructure en mutation de son réseau énergétique. La plupart des principales « mines » sont situées soit dans le Sichuan, pour profiter d’un accès facile à une électricité peu chère générée par les barrages hydrauliques, soit en Mongolie Intérieure, où le coût de l’électricité est subventionné par l’État pour le rendre plus attractif que le charbon abondant dans la région. L’ambition du pays de faire fonctionner son économie principalement sur l’électricité plutôt que le charbon, pourrait pousser les gouvernements locaux à contrôler de manière plus stricte l’accès au réseau électrique.

Avec la récente annonce d’une possible interdiction des échanges de cryptomonnaie en Corée du Sud, la Chine a peut-être posé les bases d’une réaction plus ferme et active de la part des États face à ces monnaies virtuelles, dont l’existence repose sur l’accès à une ressource majoritairement contrôlée par des gouvernements : l’électricité.

Hadrien Markabi

source:https://asialyst.com/fr/2018/02/08/pour ... erdiciton/


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